jeudi 28 décembre 2006

Noël, quatre jours de plaisir vineux

Ah, les douces tablées et les vins doux et secs, blancs et rouges, auxquels nous invitent Catherine et Didier ! Quatre jours chez eux - et ici je suis obligée, au vu de mon propos général, de traiter le côté vineux (bien que le plaisir aille au-delà du ras de la coupe...) - et que de bonnes choses dégustées !

Le Sancerre rouge 1993 de Pascal Thomas était si élégant, si pur et délicieux, que Didier, voyant mon plaisir ému devant ces coupes de pinot noir, a ouvert une deuxième bouteille, qui était, selon certains, encore meilleure.

Le Châteauneuf-du-Pape 1993 du Domaine de la Côte de l'ange, mûr, profond, suave... Le Chinon 1996 du Domaine d'Etilly, décliné sur trois bouteilles, était formidable de jeunesse et de petits fruits noirs mêlés de sous-bois et d'écorce.

Le Calon-Ségur 1993 avançait avec la pompe des nobles bordelais...

Et puis nous avons glissé un bourgogne dans l'affaire, question de voir si on ne pouvait faire poindre chez Catherine un brin de plaisir beaunois... Un Savigny-lès-Beaune 2002 de Frédéric Magnien, qui tombait juste dans l'expression son terroir bourguignon, avec une belle netteté en bouche et un goût de revenez-y... On espère n'avoir pas été trop à côté de la plaque...

Et puis nous avons eu le très grand plaisir de goûter un excellent Bonnezeaux, tout en fleurs blanches et sans la moindre lourdeur, avec un foie gras au torchon - qui lui, était absolument suave et succulent.

Et puis, et puis, et puis... Je vais sortir, je pense, au fil des jours, de ces bons souvenirs récents de mon carquois, question de me rappeler les goûts, les saveurs, et la bonne humeur de ces repas de fête...

vendredi 22 décembre 2006

eBay.fr ou Ricardo.ch

Si on clique sur eBay.fr, dans la catégorie « Vins et gastronomie », on est sûr de trouver de quoi rire, se fâcher ou secouer la tête avec une moue d'incrédulité. Tant de bouteilles trop luxeuses, ou trop crasseuses, pour lesquelles on demande des prix faramineux ou des cacahuètes (qu’elles ne valent pourtant pas, parfois)...

Aujourd’hui, je vois (fin de l’enchère dans 34 minutes) une bouteille de « Médoc 1947 ». Nul nom de château n’est indiqué, la bouteille est dans un état de grande déliquescence, le vendeur a un profil d’évaluation de -1 (oui ! il n’a reçu sur eBay aucune évaluation positive, et une de négative)... et il met cette merveille à prix à 250 euros.

Mais passons... Je ne regarderai pas non plus les Romanée Saint-Vivant à des tarifs qui chauffent. Ni les Mouton-Rothschild et autres Ausone, Angélus ou Pavie.

Pourtant, une chose m’a fait bien sourire ; c’était de franchir la frontière franco-suisse et de quitter la cupidité d’ici pour une certaine honnêteté rustique de là-bas.

Sur Ricardo.ch, quelqu’un met des bouteilles de « Pinot noir suisse 2004 » à prix à 10 CHF. La photo est correcte, la bouteille moderne et normale.

Puis on lit plus bas :

Description générale de l'article
10 bouteilles de pinot noir suisse de 2004.
Vin qui n'est pas très bon à boire mais qui va peut-être pour cuisiner.


Voici donc, malgré les temps qui courent, une belle expression de l'honnêteté suisse !

vendredi 15 décembre 2006

Le prix du champagne

Je suis devenue méditative. Les fêtes de fin d'année approchent à une vitesse éclair et je me prépare à l'assaut. Du champagne, toujours du champagne.

Autrefois, le champagne, ça m'émoustillait. Rien que de voir une coupe avec de fines bulles et j'étais comme fébrile. Aujourd'hui, moins. Parce que, malgré mon statut de défavorisée (je ne peux m'offrir du Krug...), je trouve que le champagne, quand il n'est pas bon, n'est vraiment, vraiment pas bon ; le mauvais champagne, trop dosé, trop trafiqué, qui te fait mal au crâne...

À cela s'ajoute ses ersatz. Car disons-le carrément, le crémant n'est pas terrible. Même chez des producteurs respectables. Ceux qui prétendent que le bon crémant vaut mieux qu'un mauvais champagne ont sûrement raison, mais il ne s'agit pas de boire du mauvais champagne... ni du crémant.

Heureusement, cette petite histoire a une happy end. Il existe bien de bons champagnes qui ne coûte pas la peau du... Krug.

Goûtés récemment, donc, avec délices :

Pierre Moncuit - Cuvée Hugues de Coulmet - un blanc de blancs frais, fin et délicieux. Incroyable, et ça coûte 14,50 € (ou 19 € dans le commerce).

Agrapart - Les 7 Crus - encore un blanc de blancs brut non-millésimé et encore une expression élégante des collines crayeuses de la Côte des Blancs. Prix ? Dans les 17 €...

Jean Vesselle - Œil de perdrix - un champagne rosé d'une élégance folle, fin avec des notes de groseille sur une petite tranche de brioche fraîche. Mm ! Et ce, pour moins de 20 €.

Et n'oublions pas non plus les excellentes bulles de Pierre Gimonnet.

Bravo à ces vignerons qui produisent des bouteilles festives, délicieuses, et relativement abordables !

dimanche 10 décembre 2006

Petite vision du paradis...



Juste un petit rêve de Noël...

jeudi 7 décembre 2006

À l'aveugle

Hier nous avons organisé une dégustation à l'aveugle, à dix, dans notre atelier du 19e arrondissement. Comme nous allions le faire quatre fois de suite, avec quatre bouteilles par séance, nous avions apporté 16 bouteilles en tout et pour tout. Anne, notre animatrice, a choisi les quatre dans le tas...

J'ai eu tout faux.

Bon, j'exagère... Mais je n'ai pas su dire avec une totale précision ce qu'il en était de chaque vin goûté. Surtout du premier, un blanc dont le côté boisé m'a déroutée, au nez. Je le voyais comme un blanc bourguignon. Eh bien, non, en bouche, c'était tout à fait autre chose... Des notes d'agrumes - citrons, pamplemousses - avec du tabac blond et une minéralité qui contredisaient vite mon avis d'origine. En fait, c'était un blanc bordelais, une bouteille du Clémentin du Pape Clément 1996 (soit le deuxième vin du château). Non sans intérêt, mais un peu maigre, et qui entamait son déclin.

Ensuite, c'était le tour au rouge. Le premier était rubis clair. En bouche, on rencontrait un rouge léger, jeune, frais, friand, mais avec une note de poivre et une chaleur bien cachée derrière sa fraîcheur. Inclassable... Visiblement du gamay, mais d'où ? De Savoie ? Du Beaujolais ? Non... il était presque comme un Saint-Pourçain en plus maigrelet, mais avec du caractère. Il s'est avéré être un Côtes d'Auvergne 2004 Vieilles Vignes du Domaine Rougeyron. Très intéressant. Ça donnait envie de manger des tripoux...

Le troisième vin était dans un style complètement différent, à dix mille lieues du précédent. Mais il nous a fait aussi un tour bizarre dans le décalage entre son nez et sa bouche. Le nez de fruits mûrs et de boisé laissait présager un bordeaux rouge. Mais dès que je l'avais mis en bouche, le monde a basculé. Hum ? C'est quoi ce truc ? Violettes poivrées, clou de girofle, cacao... Très ensoleillé, tirant franchement sur le mou... Costaud mais flasque... Eh oui, c'était le vin que j'avais trouvé au Lafayette Gourmet et que la RVF avait bien noté récemment : un vin mexicain, le Petite-Sirah 2003 de L.A. Cetto. Christian, un des autres dégustateurs, l'a trouvé formidable ; quant à moi...

Le quatrième et dernier vin était plus plaisant, pour moi. Mais il posait un petit problème. Rouge aussi, assez épais également, il avait une pointe de fraîcheur qui me faisait penser plutôt à la vallée du Rhône septentrionale. Un Saint-Joseph ? Mais non... ce côté kirsché, ces notes très épicés, de poivre, de clou de girofle, de grillé... Plutôt du grenache... Plutôt du Rhône méridional. C'était en fait un Vacqueyras 2002 (d'où la sinuousité : l'année était pluvieuse, il y avait moins de soleil, moins d'intensité) du Clos Montirius. Elégant, pourtant. Je l'ai bien apprécié.

Après, nous sommes rentrés en voiture avec les Leroyer en déplorant les méchants écolos qui nous embêtaient avec leurs vélos. Cet accès d'anti-écologisme était sûrement une réaction chimico-psychologique à trop de vins bios...

La nuit, j'ai dormi comme un loir...