jeudi 29 mars 2007

Queue-leu-leu

Quelle semaine vineuse ! Nous avons passé de dégustation en dîner, de salon en beuverie, pour terminer avec un suave Couhins-Lurton 1998 pour l'anniversaire de Catherine, qui aime les Pessac-Léognan.

Jeudi dernier, ce fut le tour aux Bordeaux 2004 - un marathon de goûts et de nuances, avec 19 flacons goûtés (au minimum) par moi-même, avant de me réveiller le lendemain en me disant que j'aurais dû cracher davantage.

Samedi, nous nous sommes reportés au Salon des Vignerons indépendants et avons bien apprécié quelques vins en provenance de la vallée du Rhône - dont de très suaves Châteauneuf-du-Pape du Château de la Gardine et des vins secs du Mas Amiel (ainsi que quelques Maury, quand même...).

Ce week-end, ce sera rebelote, mais sur un ton un chouia plus rigolo : Arnaud est invité à la dégustation des vins faits (pour tout ou partie) par des anciens de Sciences-Po... A suivre...

lundi 19 mars 2007

Allègres aligotés

Ce week-end j'ai pu regoûter un vin dégusté il y a quelques mois qui, cette fois-ci, m'a très agréablement surprise : le Bouzeron Aligoté 2005 d'A. & P. de Villaine.

En décembre dernier, je l’avais taté avec pleine d'attentes et, ensuite, force déception, vu le niveau de ces attentes. Or, ce week-end, servi par la main maîtresse de M. de Benoist (qui est, d'après ce que j'ai pu comprendre, le neveu d'Aubert de Villaine), ce même cru me semblait plus intéressant, plus complexe et vif. J'en ai racheté pour en avoir à portée de la main si jamais une flotille d'huîtres débarque sur ma table, ouvertes et luisantes dans leurs coquilles.

Après le 2005, on a goûté le Bouzeron 2006, qui était encore en train de finir sa fermentation malolactique et qui était dans des notes de pomme verte, avec une allure immédiate et flatteuse, en plus d'un petit côté sauvignon. Prometteur...

Curieusement, j'ai goûté un autre aligoté ce même jour, en fin de journée lors d'une autre dégustation : des Montagny de Cary Potet. Le sien, d'aligoté, un 2004, était très élégant. Mazette ! Et à lui de dire : Pas étonnant ; les vignes ont 85 ans d'âge...

lundi 12 mars 2007

Ruée vers La Coulée

Ce week-end nous avons ouvert notre unique bouteille de Coulée de Serrant, du millésime 2003. Nous l’avions récemment acheté et j’étais plus que curieuse de la goûter. Inspirés par l'étude fascinante menée pendant 6 jours par Jamie Goode (sur son blog wineanorak.com) qui suivait l'évolution d’une bouteille de Coulée de Serrant 2002 une fois ouverte, nous avons décidé de goûter une petite quantité le premier jour, et ainsi de suite...

Nous l'avons donc tâtée à l'ouverture, juste après l’avoir remontée de la cave, avant de la rafraîchir un peu. C'était riche et prometteur au nez, assez floral et exotique et plutôt intense ; mais en bouche, le plaisir était gâché par une note très amère qui est venue tout balayer en finale. Quelle liqueur complexe ! Chaque petite gorgée était presque contradictoire, avec des notes d'ananas, de pamplemousse, de miel, de noisettes, de menthol et ensuite cette amertume très prononcée – tout se suivait, se confondait, se démêlait, puis s’évanouissait dans l’amertume.

Nous avons remis la bouteille au frais et sommes sortis nous promener du côté de Saint-Germain-des-Prés. Le printemps est en pleine éclosion à Paris et les arbres à fleurs remplissaient les parcs d’une odeur délicieuse.

Plus tard, vers 19h (soit, 5 heures environ après l'ouverture de la bouteille), nous sommes revenus à la maison et l'avons goûtée de nouveau. Stupéfaction ! L'amertume avait fondu et était partie.

Maintenant, des notes de chèvrefeuille et de cire d'abeille dominaient. L'alcool piquait toujours un peu la langue (n’oublions pas que le vin titre à quelque 14,5 %), mais cette dégustation de la Coulée de Serrant avait subitement été transformée : d'une expérience tout court, elle était devenue une expérience agréable. Le breuvage s’était laissé apprivoiser et maintenant, c’était même comme un vin qu’on pourrait servir avec de la nourriture.

Demain, on verrait comment cela avait évolué. Il paraît que Nicolas Joly, le vigneron, un adepte – ou plutôt un prêtre - de la biodynamie, conseille de goûter son vin 24 heures après ouverture. En tout cas, j'étais impressionnée de voir comment le vin évoluait.

Stocké dans le réfrigérateur, donc, le vin a sagement attendu le lendemain. (Dieu sait que l’idée du frigo pourrait donner une crise d’apoplexie à M. Joly, mais cela avait semblé la manière la plus logique de procéder...)

Dimanche, donc, nous l’avons ressorti à l'heure du déjeuner. Nous étions près des 24 heures supposément "optimales" pour le vin. Mais, curieusement, j'ai constaté qu'il était quelque peu assourdi, moins complexe qu'hier soir et avec des notes oxydatives qui devenaient assez présentes.

Ainsi, parmi les trois dégustations (à l’ouverture ; 5 heures plus tard ; 24 heures plus tard), j’ai trouvé qu’il se montrait sous son meilleur jour à 5 heures. Mais l’expérience est loin d’être finie...