dimanche 27 mai 2007

Le délice dangereux d'un bon blanc

Je n'ai expérimenté que trois fois un vin si dangereux qui je risquerais de le boire sans discontinuer, s'il avait été illimité. Les trois fois, il s'agissait d'un vin blanc ; et de prix et de style fort différents :

Jacques Selosse "V.O." - un champagne qui me fait saliver encore... Expérience inoubliable. Si je n'avais pas été sauvée par l'ébriété et ainsi arrêtée dans ma dégustation délicieuse, j'aurais été comme dans un conte de fées, buvant, buvant...

Pascal Thomas - Sancerre "Cuvée Réserve" 2005 - J'ai parlé de ce vin plus d'une fois ici : il le mérite et encore plus. J'ai hâte de goûter le 2006 ; déjà le 2005 frôle le criminel. C'est fichetrement bon ; minéral et floral ; acéré et complexe.

Domaine Saint-Nicolas Fiefs Vendéens "Brem" 2005 - Nous avons acheté récemment une caisse de ce vin blanc : du 2005 et du 2004. Curieusement, le 2004 trahit un côté beaucoup plus chenin que le 2005, qui est d'un équilibre ecstatique, sans faille, et d'une grande pureté. Mazette !

Nous l'avons rebu hier avec Benjamin, le cousin d'Arnaud, de passage à Paris, qui a humé son bouquet avec un grand sourire. C'est dire.

mercredi 16 mai 2007

Une miette de vin pour les miséreuses

Je ne mettrai plus les pieds chez Legrand Filles & Fils, à Paris.

Cela fait trois fois maintenant que j'ai l'impression d'être importune en me rendant dans leur boutique. Déjà à chaque fois qu'on y entre, une meute de six employées te suit partout, ce qui ne rend pas l'expérience agréable si on a envie de regarder sans envie ou question précise. Soyons clairs : cette démarche est accusatrice ; on se sent quasiment voleur rien qu'en regardant les bouteilles.

Ensuite, si tu achètes un ou des "petits vins" (mettons un vin de Loire ou du Languedoc, au lieu d'un Pauillac ou d'un Corton-Charlemagne), on daigne à peine te parler, comme si tu faisais perdre du temps et de l'énergie au patron, qui a mieux à faire et des gens mieux auprès de qui être agréable.

Ce genre de comportement méprisant vis-à-vis d'une clientèle m'exaspère, car je suis une cliente réelle ! Je leur achète des bouteilles de marcillac, de chinon, de cairanne et même de champagne ! (L'excellent Oeil de Perdrix rosé de Jean Vesselle, pour ce dernier.)

Et si la prochaine fois j'allais acheter une caisse de Richebourg ou quelques bouteilles de champagne Selosse ? Pourquoi présumer que je suis une quasi mendiante qui n'a pas sa place dans cette boutique bien trop haut-de-gamme pour elle ?!

J'ai eu honte et je n'aime pas ça. Trois fois, ça fait trop. Donc adieu, monsieur, mesdames. Et j'achèterai ma prochaine bouteille de Substance ailleurs...

dimanche 6 mai 2007

Et si je n'aimais pas le côte-rôtie ?

J'aime garder l'esprit ouvert, mais il faut avouer que suite à plusieurs dégustations récentes, je commence à craindre que le côte-rôtie soit un vin qui n'est pas fait pour me plaire.

Je reconnais dans ce que je goûte des qualités de vin bien fait, mais en même temps, j'ai l'impression de me tapisser le palais avec de la peinture couleur quetsche... Ces épices, ces fruits brûlés, cette lourdeur alcoolique en bouche ne m'enchantent pas.

Serais-je anti-syrahienne ? Est-ce parce que je suis, quelque part, anti-américaine et que je cherche inconsciemment à refuser les prédilections de palais de mon puissant compatriote, Mr. Parker ?

Je médite. En tout cas, je médite, un verre de bourgogne à la main !