vendredi 16 novembre 2007

Beaujolais, vent et grève

Hier il faisait froid. Tous les cafés et les bars de la Capitale avaient scotché des affiches pour le beaujolais nouveau partout et des tables avec verres, saucisson ou huîtres décoraient le trottoir devant ces établissements. C'était sympathique. Les rues étaient bloquées par des masses de voitures klaxonnantes et les trottoirs étaient noirs de monde : la grève nous rendaient tous piétons, ou en tout cas, on avait l'impression que tout le monde était dehors.

C'était mon anniversaire et je portais un bonnet bleu clair en laine.

Je suis allée voir un caviste qui m'avait dit il y a une dizaine de jours qu'il recevrait quelques bouteilles de Puligny-Montrachet Leflaive du millésime 1995. J'en salivais déjà, rien qu'à y penser. Donc ma déception fut grande lorsqu'il m'annonça qu'il les avait reçues et aussitôt vendues par lot de six à des clients fidèles. Et moi ? Je n'étais pas assez fidèle ? Il avait dit : Revenez le quinze. Eh bien ! Que demande le peuple ?

Après, je suis ressortie dans le vent et le froid et la foule. Il y avait de gigantesques piles de feuilles mortes sur le boulevard du Montparnasse et quand je marchais dedans, je me sentais comme une enfant ; sensation joyeuse.

J'ai remonté le boulevard Saint-Michel au lieu de prendre de petites rues autour du Val-de-Grâce. J'allais passer par les Caves du Panthéon avant de rentrer, la nuit tombée.

A ma surprise, ils faisaient déguster du beaujolais nouveau. (Sauf que là, pour faire sérieux, ils disaient "primeur".) Et comme c'étaient de très bons producteurs, je me suis laissée entraîner...

Domaine du Vissoux "Griottes" 2007 - hm ! Aussi piquant de cerise que son nom, ce vin a également pas mal de chair. Flatteur au palais, il est tout à fait agréable à boire, s'il manque de longueur (pour un autre vin, cela dit ; pas pour du beaujolais nouveau).

Domaine du Vissoux Vieilles Vignes 2007
- Goûteux ; un supplément de poivre noir et de mâche ; celui-ci est dans la jeunesse mais avec une belle structure.

Domaine du Vissoux Vieilles Vignes Non Filtré 2007 - moins dans le plaisir immédiat, celui-ci "accroche" un peu en finale, il est un peu plus râpeux. C'est fascinant de voir la progression de ces cuvéés ; je dirais presque que celui-ci aurait besoin d'un peu plus d'âge (OK, à cette échelle, de quelques jours...).

Jean Foillard Beaujolais Primeur 2007 - Non soufré, très palpablement. Ça "travaille" encore un peu, la robe est trouble, et il est plus léger et plus éthéré que les Vissoux, avec des notes de framboise et de fraise Tagada.

J'ai pris deux bouteilles du Vissoux Vieilles Vignes (filtré) et suis repartie pour traverser la montagne Sainte-Geneviève comme Rastignac et regagner mes penates...

jeudi 8 novembre 2007

Surprise !

Samedi dernier je pensais que tout allait être tranquille. Lever aux alentours de 10h, ce qui était un bon début, puis un déjeuner au Pré Verre, par gourmandise (et nous y sommes allés plutôt fort : trois entrées et deux plats à deux... dont un cochon de lait, sauce vanille à se mettre à genoux), arrosé d'un très vif cheverny rouge 2006 de chez Hervé Villemade.

Après, la sieste s'imposait. Mais... à 15h le téléphone a sonné. « Salut... » C'est un couple d'amis. « Qu'est-ce qu'on apporte ce soir ? » Euh...

Eh oui, le parfois absent Arnaud avait confirmé un dîner chez nous une dizaine de jours auparavant, sans retenir les faits assez longtemps pour me les communiquer.

Donc j'ai couru faire des courses pour pouvoir bricoler un repas. Et en fin de compte, cela ne s'est pas trop mal déroulé. Les amis sont amateurs de vins et cela m'a plu de leur sortir des OVNI ou des découvertes. Tel un Châteaneuf blanc 2005 avec une quiche provençale, ou un Château Petit-Gravet Saint-Emilion Grand Cru 2005 acheté sur place cet été et qui s'était bien arrondi depuis sa dégustation, avec des notes de caramel et de tabac.

Pour moi, pourtant, le point fort de la soirée était le champagne Raymond Boulard Tradition Extra Brut, que j'ai eu l'occasion de déguster - non, je veux dire, de boire - pour la première fois en dehors d'un contexte de dégustation.

Il y a quelque chose à dire sur le fait de boire, de passer du temps avec un vin, de le siroter, de causer, voire de grignoter quelque chose et de revenir pour une autre gorgée. J'aime ainsi adosser les vins, pour ainsi dire ; passer une soirée avec eux, mieux les connaître...

Cela dit, notre moment de partage du Boulard n'était pas d'une durée très conséquente. C'était trop bon, ma foi !