mercredi 25 juin 2008

L'éclectisme


L’éclectisme en matière de vin est d'une importance cruciale – ça, j'en suis persuadée. Et plus je fais des dîners d’œnologues, plus j’apprécie le change. Certes, on est nombreux et certes, on abuse… Mais je trouve infiniment plus pertinent de passer d’un excellent champagne de récoltant à un anjou blanc, pour sauter ensuite dans la direction de la Bourgogne, etc.

J’organise mes dîners ainsi, sans faire dix millésimes successifs du Clos des Papes ou du Château Lynch-Bages.

Et donc on découvre des vins au lieu de les jauger et de les juger les uns strictement alignés sur les autres.

Dernièrement on a fait un dîner chez moi. En plus de la conversation, les vins étaient assez passionnants. Depuis un champagne Agrapart 7 Crus on a surfé jusqu’en Corse pour tâter d’un Corse Calvi Renucci 2006 « Cuvée Vignola » ; ensuite, c’était au tour de l’Amérique. Hein ? Eh bien non, pas n’importe lequel vin d’Amérique (avec toutes les atrocités californiennes qui existent), mais du Ridge : versant zinfandel. Un Ridge Geyserville 1999 a laissé tout le monde pantois. Où aller après ? Vers Châteauneuf, pour une bouteille de la Cuvée des Générations du Château de la Gardine… Et ensuite, on a terminé les fromages sur un autre registre complètement : un Chinon (quand il n’y a pas plus puissant, il faut carrément reculer, et dur).

Les dégustations systématiques ont leur place, nul ne dit le contraire. Mais lors d’un dîner, il faut laisser vagabonder ses goûts… comme pour l’agencement des plats.

Si seulement je connaissais des gens qui accepteraient de faire un dîner tout au champagne, hélas !

1 commentaires:

Julien a dit…

"Si seulement je connaissais des gens qui accepteraient de faire un dîner tout au champagne, hélas !"

Bigre, voilà une phrase que je ne pouvais pas laisser passer ! j'ai déjà fait des repas 100% champagne et c'est vrai que c'est absolument passionnant de voir avec quelle magie certaines cuvées affrontent des plats improbables dans des accords mets-vins qui le sont tout autant.

J'ai eu la chance d'être invité chez Bollinger y'a 2 ans, et chez Krug la semaine dernière, pour une visite exhaustive suivie d'un déjeuner mis en valeur par des cuvées de la maison, et c'était superbe de voir ces grands champagnes de gastronomie se révéler ainsi (sur les fromages notamment, c'était à se couper un bras).

Je te lis avec beaucoup de plaisir et ma foi, à l'occasion, suis partant pour qu'on fasse l'exercice dont tu parles. C'est vrai que lorsque nous recevons à dîner nous jouons rarement la carte du tout-champagne ; mais l'expérience est tentante.

Bien à toi

Julien, trentenaire passionné.
j_brossard@hotmail.com