
Dimanche, nous sommes allés au restaurant Astier. Ma soif de Puligny-Montrachet restait inassouvi... Nous étions quatre, mais Michel et moi nous disputions la carte des vins (avec rires), à tel point que nous avons dû en demander une deuxième. Voilà pour les œnophiles !
Que vois-je parmi le choix bien étoffé et bien raisonnable, côté prix : un Puligny-Montrachet J.-M. Boillot 2004.
C'est ainsi que nous avons commencé le repas. (Et terminé aussi, avec le plateau de fromages ; après un petit écart du côté du rouge avec un Beaune 1er cru "Féguine" 1998 de Jacques Prieur qui lui, avait un nez bourguignon à tomber par terre et qui, en bouche, s'est ouvert soyeusement avec le temps et le carafage.)
Quant au Puligny de Boillot : il était tout simplement bluffant. D'une précision crystalline, d'une minéralité qui ne transigeait pas, sur une trame de fleurs blanches, d'agrumes et de biscuits au beurre. Un délice.
Malheureusement que je mangeais du hareng avec des oignons crus ! Le geste cruel vis-à-vis de ce vin si fin !
Il se réveilla mieux avec le salers en fin de repas...
jeudi 28 février 2008
D'un puligny l'autre
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Sharon
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dimanche 24 février 2008
Le bon, la brute et le truand

Hier soir, nous sommes aller dîner dans un restaurant près de chez nous : L'Equitable. Tout ce que je peux dire, c'est que c'était... compliqué, comme expérience : un mélange total de choses positives et de bizarreries.
La soirée a commencé avec quelques coupes de champagne chez Guy et Anne, qui ont gracieusement versé du Pannier brut en tentant de calmer leur petit pirate de quatre ans, Arthur. C'était le rituel du champagne, en fait, qui l'a transformé en enfant de chœur : très délicatement, il a porté chaque flûte à son destinataire.
La babysitter est arrivée et elle aussi a eu droit à une flûte en attendant notre départ, avec la petite Chloé dans ses bras, fascinée par son collier. Nous sommes partis dans la nuit pour marcher vers l'Equitable, à quelque cinq minutes à pied de là.
Le décor était décidément atypique pour Paris. Avec de grandes pierres blanches, avec des poutres apparentes partout et des tableaux naïfs sur les murs, l'ambiance était provinciale au possible.
On nous a apporté des gougères et nous avons commandé une bouteille de Borgeot Puligny-Montrachet "Les Charmes" 2004. Le sommelier semblait déconcerté lorsque les autres m'ont indiquée comme celle qui allait le goûter. Déjà pour le côté vin, le restaurant s'était montré moins vaillant qu'il ne le faudrait - la carte des vins était un peu défraîchie. Parmi les cinq ou six vins de chaque région, deux ou trois étaient biffés...
Le Puligny était agréable - une bonne minéralité. Un beau nez, un boisé discret, le tout bien harmonieux et bien bâti.
Nos entrées ont apparus et là, c'était le point fort de mon repas : tête de veau avec une salade de roquette. Et c'était la première fois que j'avais mangé une tête de veau avec un morceau de cervelle frite par-dessus. Génial ! La cervelle était tendre, bien assaisonnée et extrêmement goûteuse sous sa panure croquante.
Après, les choses ont un peu viré dans le bizarre. Toutes les entrées avaient été réussies : goûteuses, inventives, bien présentées. Les plats, de même, lorsqu'ils arrivaient à table successivement, avaient belle allure, étaient très alléchants : le carré d'agneau de Guy avec des quenelles de polenta crémeuse ; le jarret de veau d'Arnaud avec un fier morceau de moelle parsemé de poivre concassé par-dessus. Nous avons commandé une bouteille de Saint-Joseph Prieuré d'Arras 2005 - pour ce qui était des vins rouges du Rhône, il n'y avait que cela ou un Crozes-Hermitage Colombo 2005. (On avait cherché en vain un bourgogne rouge... Tous étaient des 2004, choix risqué quand on ne connaît pas le producteur.)
Le Saint-Joseph était correct comme expression du cépage syrah, mais il n'était pas très charpenté, manquant peut-être un peu de personnalité.
Le magret de canard de Marc-André avec des blinis au céleri rave avait l'air bon.
Et ensuite... le serveur a apporté mon plat principal...
La carte avait indiqué une marmite de saumon, de dorade et de moules, que j'avais imaginés dans une sauce à la crème.
Horreurs !
Le bouillon était insipide et le poisson qui se cachait sous les loques de poireaux et d'épinards était trop cuit. Comme la photo le montre, la seule chose qui m'a sauvée était l'os à moelle d'Arnaud, car lui - chose ô combien incompréhensible ! - n'aime pas la moelle.
Nous avons fini le repas avec des tartes fines aux pommes, servie chaudes avec de la glace au caramel qui fondait rapidement dessus, et avions décidé de les accompagner d'un verre de Gaillac doux chacun (de nouveau, un moment désagréable avec le sommelier, qui a refusé de nous apporter une bouteille entière, puisque tout ce qui figurait sur la carte des vins doux était indiqué par verre seulement. « Mais on est cinq... » a dit Guy, en vain).
Nous avons été bien nourris, avons beaucoup rigolé, mais il ne faut pas nier qu'il y avait quelques éléments curieux dans le tas...
J'étais aussi dans une sorte de coma dû à une consommation excessive de moelle. Oui... Anne m'avait glissé son os à moelle, aussi.
C'est quand même bon, ça.
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Sharon
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mercredi 20 février 2008
Huîtres et Pessac-Léognan
Il est toujours agréable de se donner un week-end de détente et de soleil éclatant en Charente-Maritime, surtout quand on est accueilli avec les vins et mets qu'on tâte chez Catherine et Didier.
Un goût du sublime avec des huîtres fraîchement achetées au marché de Fouras, siffées avec un jeune blanc de Pessac-Léognan nerveux et pimpant. Un filet de bœuf avec la mâche la plus goûteuse qui soit et un Bourgueil de 1995 d'une jeunesse confondante ont fait un mariage de grand amour.
Je me dis que la prochaine fois, il faut absolument que je note le producteur de leur Pineau des Charentes - on a goûté le rouge et le blanc et ils sont vraiment excellents, sans aucune lourdeur ; le blanc, surtout, j'ai trouvé d'un équilibre rare.
Le seul bémol du week-end venait en fait de mon côté : j'ai apporté une bouteille de Chapoutier "Petite Ruche" Crozes-Hermitage 2005 que j'ai trouvé aqueux et sans grand intérêt... On n'aurait pas dit de la syrah ; plutôt quelque chose qui frôlerait un vin de Savoie (sans vouloir insulter les nobles vins de cette noble région-là... par ailleurs, j'ai fort envie de faire un saut à Annecy cet hiver, rien que pour découvrir de nouvelles saveurs...).
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Sharon
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jeudi 7 février 2008
Vive l'éclectisme
Depuis mon dernier post j'ai pu goûter des vins vieux et jeunes... et jaunes.
Tout a commencé avec un dîner spectaculaire chez Guy, qui a décidé au débotté de déboucher un Haut-Brion 1996. Je suis restée, nez dans le verre, pantoise. Ce vin avait de la complexité, de la longueur et quelque langueur... Il est si puissant mais austère, en évitant les solutions faciles : le fruit, les fleurs ; non : la cendre, le tabac, le cacao. Il était magnifique. Je voulais le garder dans ma bouche, sur mon palais, au lieu de l'avaler. Et puis, ce soir-là, puisque Guy est comme ça, du haut de son mètre 90 souriant, il a sorti ensuite un Ausone 1989. Des feuilles légères, des pétales de fleurs séchées au début - et deux heures plus tard, le vin avait pris un corps et une rondeur somptueux. Ces bouteilles étaient autant d'élixirs que je n'oublierai pas demain.
La vie a suivi son train-train, après. Jusqu'au jour où, moi, qui n'aime pas les surprises, je suis entrée dans un guet-apens. Je devais déjeuner avec François A., situation au demeurant des plus agréables. Mais je débarque au restaurant et je vois le sommelier qui pose une bouteille tout délicatement dans un panier pour que ça reste à un angle qui ne laisse pas le dépot troubler ni le fond de la bouteille ni le tout. Et la bouteille, bientôt versée si délicatement dans nos verres, c'était un Chambertin Rousseau 1993. Je peux dire avec force et tout catégoriquement que malgré le charme de la conversation de François (qui est une sorte de génie du discours à la fois léché et décalé), j'ai suivi l'évolution de ce vin dans mon verre avec un étonnement croissant. Comment un vin peut-il être aussi majestueux ?... et le devenir encore plus... et être si entêtant ?... C'était à fendre le cœur.
J'ai fait diète pendant quelques jours, après.
Le week-end dernier, j'ai dû mettre tous mes pull-overs dans une valise pour aller me rendre à la Percée du vin jaune, à Sainte-Agnès dans le Jura. Le soleil était heureusement au rendez-vous ; on a eu 7 degrés cléments et malgré un parcours pieton d'un kilomètre et demi (nous nous pensions fûtés en évitant les inévitables navettes) pour atteindre le village, on a pu goûter un délicieux Savagnin "Terres Bleues" 1996 du Domaine de la Pinte, ainsi qu'un mémorable Arbois Vin Jaune 1986 du Domaine Rolet, entre autres... Avec des jésus de Morteau et de la cancoillotte, tout ce qu'il y a de plus terroir.
De retour à Paris : la crève. Donc, l'abstention... provisoire...
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Sharon
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